Montage du groupe cylindre-piston
Avant le montage, les chemises doivent être adaptées aux cylindres et la saillie de leur collet doit être vérifiée.
On choisit une chemise sans ses bagues en caoutchouc de manière qu’elle se mette en place sous une légère pression de la main.
L’extrémité inférieure de la chemise doit être exactement positionnée dans l’alésage correspondant du bloc-cylindres.
La saillie du collet de la chemise par rapport au plan du bloc-cylindres doit être comprise entre 0,07 et 0,16 mm. On la vérifie à l’aide d’un dispositif (fig. 1).
Pour vérifier la saillie du collet, on place le dispositif par sa base 7 sur la chemise. Le doigt 1 se déplace alors vers le haut et fait pivoter le levier 2, qui, par l’intermédiaire de la tige 3, déplace le palpeur du comparateur.
La valeur de l’écart de l’aiguille du comparateur par rapport au zéro donne la valeur réelle de la saillie du collet.
Le dispositif est équipé de deux poignées 9 fixées par quatre vis 10 au corps 6.
Le comparateur est monté dans la douille 5 et fixé par la vis 4.
Avant d’utiliser le dispositif, on règle le comparateur de façon que l’aiguille soit en face du zéro. Le comparateur est étalonné sur la bague d’étalonnage 8.
On retire la chemise choisie du cylindre, on nettoie les surfaces de montage et d’étanchéité, puis on place dans les gorges de la chemise les bagues d’étanchéité en caoutchouc graissées à l’huile diesel.
Pour assurer l’étanchéité des chemises, on doit utiliser exclusivement des bagues de dimensions prévues. Elles doivent assurer une bonne étanchéité mais ne doivent en aucun cas être montées trop serrées.
Le montage de bagues trop dures ou dont le diamètre de section est trop grand peut déformer la chemise, ce qui provoquerait le coincement du piston.
La chemise équipée de ses bagues d’étanchéité est montée dans les cylindres à l’aide d’un dispositif (fig. 2).
Pour cela, on place le crochet 4 sur le pontet entre les fenêtres de la chemise d’eau, on introduit le mandrin 1 dans la chemise, puis, par l’intermédiaire du levier 3 et de la butée 2, on monte la chemise dans les cylindres du bloc de façon que le marquage de classe soit orienté vers l’avant du moteur (côté ventilateur).
Pendant le montage, on veille à ne pas vriller les bagues d’étanchéité.
Pour monter le groupe piston, on tourne le bloc-cylindres de façon que le carter du volant moteur soit en bas, on essuie et on graisse la surface intérieure des chemises, on amène le vilebrequin dans une position commode pour le montage et on essuie le premier maneton de bielle.
Ensuite, on introduit le piston (équipé de sa bielle et de ses segments) du premier cylindre, préalablement placé dans une chemise technologique, par sa jupe dans la chemise du premier cylindre, et on le pousse dans la chemise.
Le piston du cinquième cylindre avec sa bielle et ses segments (pour le moteur YaMZ-238) ou du quatrième cylindre (pour le YaMZ-236) est monté dans le cylindre correspondant.
On installe les chapeaux déposés sur le maneton de bielle, on visse les boulons avec leurs rondelles de frein et on les serre définitivement à un couple de 160–180 N·m (16–18 kgf·m).
On vérifie ensuite le jeu total entre les faces des têtes inférieures de bielle et les flasques du vilebrequin (jeu axial), qui doit être compris entre 0,15 et 0,57 mm.
On mesure entre les faces des bielles et leurs chapeaux.
Si le jeu est inférieur à la valeur prescrite, on desserre les boulons et, à l’aide de légers coups de maillet en caoutchouc sur le chapeau, on le déplace jusqu’à obtenir le jeu requis.
Après réglage, on rabat les pattes des rondelles de frein sur les pans des têtes des boulons de bielle.
On monte de la même manière, par paires, les autres pistons avec leurs bielles et segments, selon la numérotation des cylindres : pour le moteur YaMZ-238 : 2–6, 3–7, 5–8 ; pour le YaMZ-236 : 2–5, 3–6.
Après le montage du groupe bielle-piston, le vilebrequin doit pouvoir tourner librement à la main à l’aide d’un levier de 550 mm sans aucun coincement.
Lors du montage, les conditions suivantes doivent être respectées.
La flèche gravée sur le fond du piston, ainsi que le bossage côté axe, doivent être orientées vers l’avant du moteur (côté ventilateur).
Le décalage de la chambre de combustion dans le piston doit être dirigé vers l’axe du moteur (fig. 3).
Pour la rangée droite de cylindres, on monte les pistons marqués « ПР » sur le fond ; pour la rangée gauche, les pistons marqués « ЛВ ».
Montage de la pompe à huile et du carter inférieur
Si les goujons de fixation de la pompe à huile sont absents, on les visse à fond dans le couvercle du palier avant du vilebrequin avec un couple ne dépassant pas 30 N·m (3 kgf·m).
On place ensuite sur le bloc les joints de la bride des tubes de refoulement et les cales de réglage du corps de la pompe à huile.
On monte la pompe à huile complète sur les goujons et on la fixe par deux écrous avec rondelles élastiques. Le jeu dans l’engrènement du pignon de vilebrequin avec le pignon intermédiaire de la pompe doit être compris entre 0,25 et 0,37 mm.
On vérifie ce jeu à l’aide d’un jeu de lames d’épaisseur en trois points au moins.
Si le jeu n’est pas dans les limites admissibles, on desserre les écrous de fixation de la pompe et on intercale le nombre nécessaire de cales de réglage (trois au maximum) entre le corps de la pompe et le couvercle du palier principal du vilebrequin.
Après réglage du jeu, on fixe les canalisations de refoulement de la pompe sur le bloc-cylindres et sur le corps de la pompe, ainsi que le support de la canalisation d’aspiration, avec des boulons munis de rondelles de frein.
Lors du contrôle du plan de joint des brides des canalisations de refoulement et d’aspiration, une lame de 0,05 mm ne doit pas pouvoir s’introduire. Les pattes des rondelles de frein sont rabattues sur les pans des boulons et écrous.
On visse la soupape de décharge du système de graissage dans le bloc-cylindres avec sa rondelle de frein, on la serre à fond, puis on rabat les bords de la rondelle sur le corps de la soupape et sur le bloc.
Pour monter le carter inférieur, on visse deux goujons de guidage dans les trous destinés aux boulons de fixation.
Sur ces goujons, on enfile le joint, puis le carter, et on visse les boulons avec leurs rondelles élastiques dans les trous alignés.
Avant de monter le carter, on s’assure qu’il ne contient aucun corps étranger et on le souffle à l’air comprimé.
On visse à fond dans le carter deux bouchons de vidange avec leurs rondelles en cuivre.
Dans le prochain article, nous aborderons :
- — le montage des culasse, des culbuteurs et le réglage des jeux aux soupapes ;
- — le montage des injecteurs et des canalisations de carburant ;
- — le rodage et les essais du diesel.